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Affaire Dreyfus
 

L'affaire Dreyfus, appelée souvent l'Affaire par les contemporains, est l'une des crises les plus graves de la Troisième République française tant par ses répercussions politiques que par le trouble moral qu'elle entraîna dans le pays et l'armée française au moment où le conflit latent de la France avec l'Empire allemand se réveillait. C'est à l'origine une simple affaire d'espionnage, devenue politique par ricochet, sur fond de polémique judiciaire et militaire, puis rapidement antisémite, nationaliste et religieuse. Elle est considérée par l'historiographie comme l'un des épisodes fondateurs par ses conséquences de la politique française contemporaine et de l'idéologie républicaine dominante encore aujourd'hui. Elle porte le nom de son principal protagoniste, le capitaine Alfred Dreyfus, condamné sans preuves tangibles, puis gracié, relaxé et finalement réhabilité.

Les origines de l'Affaire : une banale histoire d'espionnage militaire

En septembre 1894, un agent français, Marie Bastian, employée comme femme de ménage, à l'ambassade d'Allemagne et indicateur du service du contre-espionnage français, récupère dans la corbeille du bureau de l'attaché militaire allemand Schwartzkoppen une lettre (généralement désignée durant l'affaire sous le nom de « bordereau ») non signée d'un auteur se présentant comme officier de renseignement français et annonçant à son correspondant l'envoi en pièces jointes de copies de documents relativement importants sur les dispositifs de défense français, notamment en matière d'artillerie. D'autres documents sont également promis au terme dudit bordereau.

Le bordereau est porté à la connaissance du Ministre de la Guerre, le Général Mercier, qui demande une enquête administrative puis judiciaire largement médiatisée au service de contre-espionnage de l'armée, le Deuxième Bureau appelé également "Bureau de la Statistique" contre l'avis du Ministre des Affaires Etrangères qui craint de provoquer un incident diplomatique sérieux avec l'Italie et l'Allemagne. Il est établi que le Ministre de la Guerre avait agi ainsi pour répondre à une campagne dans la presse et au parlement réclamant sa révocation pour incompétence dans la gestion des affaires militaires de l'Etat.

Après enquête sur le personnel du ministère de la Guerre et du fait de similitudes d'écriture, les soupçons se portent sur un officier-stagiaire à l'État major, le capitaine Alfred Dreyfus, polytechnicien et artilleur.

Dreyfus était un coupable idéal : il est alsacien d'origine juive, et il avait une connaissance parfaite de la langue, de la culture et du territoire allemand. Il passait par ailleurs pour peu sympathique et assez prétentieux vis-à-vis de ses camarades de travail et de ses supérieurs hiérarchiques, ce qui facilitait les choses.

On sait aujourd'hui qu'Alfred Dreyfus était innocent, l'accusation étant fondée sur un dossier officiel peu convaincant et sur la communication en violation des droits de la Défense d'un "dossier secret" également composé de documents objectivement peu probants mais sur lesquels le Ministre de la Guerre avait mis tout son poids politique et militaire.

Au fur et à mesure des campagnes judiciaires puis politico-médiatiques engagées par la famille Dreyfus, ce dossier secret sera complété par de faux documents, confectionnés par le Colonel Hubert-Joseph Henry, adjoint au Bureau de la Statistique, dont le dévouement à la hiérarchie va jusqu'au zèle.

Après plusieurs analyses graphologiques, Dreyfus est considéré comme « l'auteur probable » du bordereau ayant maquillé son écriture. Ces analyses ont été pratiquées par le colonel Armand du Paty de Clam, l'expert de l'État-major chargé de l'enquête, qui ne se prononce d'ailleurs pas formellement à l'époque mais signale plutôt sous la pression de sa hiérarchie une forte probabilité, et par d'autres experts militaires et civils dont celui de la préfecture de police de Paris, les célèbres Alphonse Bertillon et Teyssonières, qui eux resteront formels dans leurs accusations et le resteront jusqu'à leur mort.

Le préfet de police chargé de l'enquête de personnalité, constate quant à lui, que Dreyfus pourrait avoir le profil d'un agent double du fait de sa vie privée trouble et de ses liens avec l'Allemagne. En effet, selon les rapports de la police, il entretiendrait une maîtresse et aurait des dettes de jeux. De plus, une partie de sa famille restée en Alsace serait en bon termes avec les autorités allemandes. Le ministre de la Guerre, le général Auguste Mercier, proche des républicains progressistes (opportunistes) au pouvoir, après l'aval du président du Conseil Charles Dupuy et du chef de l'État et des armées, le président Félix Faure et consultation du cabinet ministériel, décide donc, malgré la maigreur du dossier d'accusation d'arrêter Dreyfus, de l'inculper d'intelligence avec l'ennemi et de le déférer devant un Conseil de guerre.

Le premier procès

Dreyfus est arrêté le 15 octobre 1894 et incarcéré à la prison du Cherche-midi. Le 31 octobre, son arrestation est rapportée dans la presse. Le 2 novembre, les poursuites judiciaires sont entamées à son encontre. Lors de l'instruction, l'accusation prétendra avoir obtenu des aveux de Dreyfus, ce qui clôturerait définitivement le dossier d'autant que les allemands refusent de le reconnaître comme l'un de leurs agents. Pourtant, au moment de son procès à huis clos qui se déroule sur trois jours en décembre 1894, il clame son innocence avec véhémence et est sur le point d'être acquitté lorsqu'une pièce secrète adjointe au dossier et non communiquée au défendeur et à son avocat, Maître Demange, est transmise aux juges militaires et force la condamnation. Le 22 décembre, Dreyfus est condamné à la dégradation militaire - qui aura lieu le 5 janvier 1895 dans la cour de l'École militaire - et à la déportation au bagne de l'Île du Diable en Guyane. La peine est sévère (l'Île du Diable est dans les faits une quasi-condamnation à mort), même pour une affaire d'espionnage militaire. Le prisonnier est au secret du fait de la nature même de l'affaire touchant à la sécurité nationale.

L'affaire d'espionnage devient une affaire judiciaire puis se transforme en affaire politique

Mathieu Dreyfus, frère de l'accusé, est convaincu de l'innocence de celui-ci et réussit à convaincre divers modérés, dont le vice- président du Sénat Auguste Scheurer-Kestner et un journaliste de gauche Bernard Lazare de se pencher sur les zones d'ombre de la procédure.

Leur campagne en faveur de la révision, relayée petit à petit, d'abord surtout dans la presse de gauche antimilitariste déclenche en choc en retour une vague d'antisémitisme très violente dans l'opinion. La France était alors en nette majorité antidreyfusarde. Le colonel Henry, chef-adjoint du « service des statistiques » et son éminence grise, est de son côté conscient de la fragilité du dossier d'accusation et va le renforcer en accord avec le Chef d'État Major de Boisdreffe et le Chef d'État major Gonse afin d'éviter toute tentative de révision, « complète » en 1896 le dossier en composant deux faux qui prouveraient formellement la culpabilité de Dreyfus.

Le lieutenant-colonel Marie-Georges Picquart, nouveau chef du service de renseignement, pourtant notoirement antisémite, obtient de son côté la communication par Madame Bastian, d'un document appelé "petit bleu" signé d'un officier d'origine hongroise, donc lui aussi originaire d'un pays potentiellement ennemi, l'Empire austro-hongrois, le commandant Ferdinand Walsin Esterhazy et dont l'écriture ressemble formellement à celle du bordereau. Il fait faire une enquête - curieusement en accord avec ses supérieurs - qui démontre sérieusement le fait qu'il avait connaissance des éléments décrits par le "bordereau" et qu'il était en contact avec l'ambassadeur Schwartkoppen. Il communique son enquête à l'État Major qui fera tout alors pour l'évincer de son poste avec l'aide de son adjoint, le Colonel Henry.

Dans le même temps, les républicains et les radicaux au pouvoir qui ont fait condamner Dreyfus et qui ne veulent surtout pas donner du grain à moudre à leurs adversaires conservateurs ou extrêmistes en se faisant accuser de "mollesse philosémite" et d'antimilitarisme, font une campagne violente dans la Presse pour défendre l'honneur de l'Armée et empêchent une possible révision. Cette campagne finit par atteindre Picquart en personne.

Picquart est alors muté dans le Sud tunisien et le 14 septembre 1896 pour renforcer les convictions de l'opinion publique sur la responsabilité du condamné, L'Éclair révèle l'existence du « dossier secret », qui paradoxalement montre l'illégalité de la procédure. Puis le 10 novembre 1896, Le Matin produit un fac-similé du bordereau. Puis en 1897, Picquart fait connaître publiquement ses doutes sur la culpabilité de Dreyfus, du fait de sa découverte d'un des faux Henry lors de sa consultation du dossier lorsqu'il était en fonction et de sa connaissance d'une autre pièce également « découverte » à l'ambassade d'Allemagne, dite le « petit bleu » incriminant selon lui le comte Esterhazy.

Et en novembre, les défenseurs des Dreyfus sont informés par d'autres moyens des similitudes d'écriture du bordereau avec celle d'Esterhazy et de nouvelles charges contre ce dernier.
Le
15 novembre, Mathieu Dreyfus porte plainte auprès du ministère de la Guerre contre Esterhazy. Mais celui-ci va être protégé par l'État-major et donc par le gouvernement. Pour le disculper il est présenté le 10 janvier 1898 devant le Conseil de guerre qui l'acquitte dès le lendemain et Picquart est lui-même arrêté sous l'accusation de violation du secret professionnel comme ayant divulgué son enquête à son avocat qui l'aurait révélé au sénateur Scheurer-Kestner.

Le 25 novembre, Émile Zola, entre-temps convaincu de l'innocence de Dreyfus, publie un premier article dans Le Figaro, qui ne tardera pas à se désengager de ce qui est désormais « L'Affaire », puis le 13 janvier 1898, il publie en première page de L'Aurore, un article intitulé : J'accuse, adressé au président de la République Félix Faure, article qui fait l'effet d'une bombe. Le général Billot porte plainte contre Zola qui passe devant les Assises de la Seine du 7 au 23 février. Il est condamné à 3 000 francs ( sur la page de Octave Mirbeau le montant de l'amende est de 7525 francs,information a verifier) d'amende (c'est Octave Mirbeau qui la paiera de sa poche le 8 août 1898) et un an de prison, mais son procès a permis la publicité des pièces.

Un mouvement dit dreyfusard se forme pour défendre Alfred Dreyfus. Parmi ces derniers, des hommes de lettres (Émile Zola, Octave Mirbeau, Anatole France) et de sciences, des universitaires, qualifiés pour la première fois d'"intellectuels", catholiques ou libre-penseurs, et de nombreux protestants tels que Raoul Allier. Certains formeront la Ligue française pour la défense des droits de l'Homme et du citoyen. Jean Jaurès défendra aussi Dreyfus, publiant le 11 octobre, dans La Petite République, un article intitulé Les Preuves. Un ministre de la Guerre (le général Chanoine) le défendra aussi.

L'affaire prend alors une tournure ouvertement politique.

À côté des partisans sincères de la culpabilité ou de l'innocence de Dreyfus apparaissent les dreyfusistes et les anti-dreyfusistes qui voient dans l'affaire pour les uns un moyen de remettre en cause la politique des modérés d'« apaisement » entre l'Église et la République et de s'attaquer à l'institution militaire jugée réactionnaire (les radicaux) ou même dangereuse par essence (les socialistes), pour les autres (monarchistes, républicains conservateurs ou cléricaux intransigeants) au contraire le moyen de prendre leur revanche sur les modérés, jugés trop proches des milieux juifs, protestants ou maçons et sur leurs nouveaux alliés catholiques « ralliés ».

Les dreyfusards, soutenus surtout par des républicains radicaux, dont certains comme Clemenceau sont aussi désireux de faire oublier le scandale de Panama, puis par des socialistes jaurésiens, heureux de pouvoir vitupérer contre le jésuitisme et le militarisme, soutiennent que Dreyfus est innocent ou du moins condamné sans preuves et qu'il faut refaire le jugement au risque de désavouer les autorités militaires et le gouvernement républicain modéré.

Les antidreyfusards, soutenus par la majorité des conservateurs, des modérés (mélinistes) et des nationalistes, pensent soit que Dreyfus est réellement coupable, soit qu'une révision du jugement n'est pas opportune dans les conditions morales et militaires de la France de l'époque. La hiérarchie de l'église catholique, dans le but de porter un coup décisif à la République et permettre ainsi un retour à l'ancien régime, se range résolument dans le camp des antidreyfusards.

Cependant, si les clivages sont assez nets sur le plan des grandes tendances de l'opinion ou de la presse, gauche « révisionniste » contre droite « anti-révisionniste », le partage est beaucoup moins tranché au niveau des individus. Ainsi, des catholiques ou des conservateurs athées d'extrême droite sont « dreyfusards », car non convaincus de la culpabilité de Dreyfus et une partie importante des radicaux sont « anti-dreyfusards » par jacobinisme ou s'abstiennent prudemment tel Emile Combes ainsi que d'assez nombreux socialistes (essentiellement guesdistes) par désintérêt pour le sort d'un bourgeois militariste ou même par antisémitisme économique. Les anarchistes, qui a priori n'étaient pas attendus sur ce terrain, seront parmi les premiers à se mobiliser et en première ligne.

Sapeur Camember où l'on creuse un trou pour boucher un trou

Le 7 juillet 1898, Godefroy Cavaignac, nouveau ministre de la Guerre, dans un discours devant la Chambre, veut démontrer une bonne fois pour toute la culpabilité de Dreyfus et fait état d'un document "accablant" contre lui. Argué de faux dans la Presse par le Colonel Picquart et par les animateurs de la cause dreyfusarde, le Ministre est contraint de faire expertiser ce document à l'État Major qui va être contraint de reconnaître qu'il s'agit d'un faux réalisé par le lieutenant-colonel Henry qui est arrêté le 30 août. Il se suicide (ou on le force à se suicider) le lendemain. Apparaît alors la notion de « faux patriotique » et La Libre Parole, journal antisémite, lance une souscription au profit de sa veuve, le monument Henry. Chaque donation est accompagnée de remarques lapidaires sur Dreyfus et les Dreyfusards.

La crise de régime

C'est à partir de ce moment stratégique que la cause "dreyfusarde" l'emporte et que le milieu politico-militaire va s'efforcer de "limiter la casse".

Le 16 février 1899, le président de la République Félix Faure (hostile à la révision du procès) meurt, il est remplacé par Émile Loubet. Le 3 juin est signé l'arrêt de révision renvoyant Alfred Dreyfus devant un second Conseil de guerre à Rennes.

À cette date, le régime lui-même est contesté, Paul Déroulède a tenté le 23 février un coup de force sur l'Élysée. Le 1er juin, le capitaine Marchand, héros de Fachoda, critique le gouvernement. Le 4 juin, le président Loubet est agressé aux courses d'Auteuil. Le 11 juin, le gouvernement Dupuy est renversé.

Le dénouement judiciaire

Alfred Dreyfus débarque le 1er juillet 1899 en France et se présente le 8 août devant le Conseil de guerre à Rennes. L'un de ses avocats, Maître Labori est blessé par coup de feu. Le 8 septembre, la cour rend son jugement : il est reconnu coupable de trahison mais « avec des circonstances atténuantes » (par 5 voix sur 7) et condamné à dix ans d'emprisonnement.

Le rapport du Lord Chief Justice d'Angleterre, Lord Russell of Killowen, à la reine Victoria, le 16 septembre 1899 est un symbole de la répercussion mondiale de l'Affaire. Le magistrat anglais, qui s'était rendu en observateur au Conseil de guerre de Rennes, critique les faiblesses d'un tel tribunal : «  Les juges militaires n'étaient pas familiers de la loi [...]. Ils manquaient de l'expérience et de l'aptitude qui permettent de voir la preuve derrière le témoignage. [...] Ils agirent en fonction de ce qu'ils considéraient comme l'honneur de l'armée. [...] ils accordèrent trop d'importance aux fragiles allégations qui furent seules présentées contre l'accusé. ». Ainsi conclut-il : « Il parait certain que si le procès de révision avait eu lieu devant la Cour de cassation, Dreyfus serait maintenant un homme libre. »

Préférant éviter un troisième procès, le président Loubet, accorde sa grâce présidentielle à Dreyfus, le 19 septembre. Dreyfus n'est pas pour autant innocenté. Entre temps a lieu l'affaire du « Fort Chabrol », dernier coup d'éclat des antidreyfusards. Il faut attendre le 12 juillet 1906 pour que, comme le préconisait Lord Russell of Killowen, la Cour de cassation annule « sans renvoi » le jugement de Dreyfus, notamment grâce à l'affaire du Télégramme de Panizzardi. Ainsi, le colonel est complètement réhabilité. Dreyfus, qui n’a pas eu la promotion qu’il désirait dans l’armée, qu’il aurait d’ailleurs eue s’il n’avait pas été condamné, démissionne de l’armée. Officier de réserve, il participe à la guerre de 1914-1918 et meurt en 1935.

Hannah Arendt et l’exposition universelle de 1900

Pour la philosophe Hannah Arendt, c’est l’organisation de l’exposition universelle de 1900 à Paris qui eut un rôle décisif dans le règlement de l’affaire Dreyfus. C’est devant l’imminence de cet événement aux répercussions internationales immenses et parce que certains pays, révoltés par cette injustice criante qui sévissait alors en France, menaçaient de boycotter l’exposition universelle que les autorités se résignèrent à en finir avec cette affaire. Ce ne seraient donc pas ces prétendues valeurs morales fondatrices de la politique française contemporaine et de l'idéologie républicaine qui auraient fait éclater la justice mais bien des impératifs économico-festifs. « C’est au dernier acte qu’il apparut que le drame dreyfusien était en réalité une comédie. Le deus ex machina qui refit l’unité brisée de la France, convertit le parlement à la révision puis réconcilia les partis hostiles, de l’extrême droite jusqu’aux socialistes, n’est autre que l’exposition universelle de 1900. Ce que n’avaient pu ni les éditoriaux quotidien de Clemenceau, ni la rhétorique de Zola, ni les discours de Jaurès, ni la haine populaire du clergé et de l’aristocratie, c’est à dire le revirement du parlement sur le problème de la révision, ce fut la peur du boycott qui l’accomplit. Le même parlement qui, un an auparavant avait rejeté la révision à l’unanimité, refusa cette fois, à la majorité des deux tiers, la confiance à un gouvernement antidreyfusard. En juin 1899, le cabinet Waldeck-Rousseau fut formé. Le président Loubet gracia Dreyfus et liquida toute l’affaire. L’exposition put s’ouvrir sous les plus brillants auspices commerciaux ; une fraternisation générale s’en suivit (…)" Il est intéressant de voir comment la république a su glorifier cet épisode de son histoire et le mythifier comme un événement fondateur où la société prenant conscience d’elle même a su dans un même mouvement émancipateur, accoucher de la justice et se libérer du mal. À lire Hannah Arendt, on constate que cette hypothèse de l'affaire dreyfus comme "fondement de l'identité politique républicaine française" est plus proche de la fable que de la réalité stricto sensu.

Confusions possibles

 Il ne faut pas confondre dreyfusards, dreyfusiens et dreyfusistes.

  • Les dreyfusards furent les premiers défenseurs de Dreyfus, ceux qui soutinrent le capitaine depuis le début.
  • Le terme dreyfusiste désigne ceux qui réfléchissaient au-delà de l'affaire et voyaient en celle-ci une nécessité de remettre en cause la société et la politique, et par extension le fonctionnement de la république (certains dreyfusards furent parfois aussi dreyfusistes par la suite).
  • Quant aux dreyfusiens, ils n'apparurent qu'en décembre 1898 lorsque l'affrontement entre dreyfusards et antidreyfusards devint vraiment aigu et que l'affaire compromettait la stabilité de la république. Ces derniers, même si certains avaient des sympathies pour Alfred Dreyfus, voulaient liquider l'affaire en calmant le jeu, dans le but de sauver le régime républicain parlementaire alors en place. Ils furent à l'origine d'une certaine conciliation entre les deux camps, grâce à un effort de médiation en prônant l'apaisement. Leur texte fondateur fut "l'appel à l'union", paru le 23 janvier 1899 dans le journal "Le Temps". Ils soutinrent généralement la politique de Waldeck-Rousseau et prônèrent une laïcisation de la société.
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