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Kourou

Kourou est une commune française de la Guyane.

Géographie

Commune située à 60 km de Cayenne sur le littoral guyanais, Kourou est localisée à l'embouchure du fleuve qui porte le même nom. Elle est ceinturée par quatre monts: la Carapa, le Pariacabo, la montagne Café et la montagne Lombard. Elle est parsemée de trois lacs: le Bois Diable (où il y a une base nautique où l'on peut pratiquer le windsurf et d'autres sports aquatiques), le Marie-Claire (le plus petit et le plus calme), et le Bois Chaudat (le plus grand, où se déroulent des cours en canoë-kayak ainsi que d'autres sports nautiques). Il y a des sentiers, accessibles à pied et en vélo, qui font le tour des lacs. La médiathèque de la ville se situe sur la côte sud du lac Bois Chaudat.

De longues plages de sable doré bordent la côte Atlantique.

Lors du dernier recensement la population s'élevait à 19 170 habitants. Elle se répartit en 3 groupes d'importance à peu près égale:

  • Un tiers de Guyanais d'origine amérindienne (surtout Kali'na), Créoles, Noirs-Marrons;
  • Un tiers de Blancs;
  • Un tiers d'étrangers (Brésiliens, Surinamais, Chinois, Haïtiens...).

Les Noirs-Marrons sont représentés par les Bonis et les Saramacas. Un quartier Saramaca est d'ailleurs implanté sur les bords du fleuve Kourou, près de l'embouchure. Ce quartier a néanmoins partiellement brûlé en avril 2006 et ne s'en est pas encore relevé. Les Saramaca sont réputés excellents menuisiers. Un carbet situé à l'entrée du quartier commercialise leur production artisanale.

Toutefois, la coexistence entre les habitants de Kourou n'est pas toujours paisible. Kourou compte pas moins de deux vols à main armée par jour. Le 27 octobre 2006 se déroula une manifestation contre l'insécurité dans la ville et en Guyane en général[1]. Les commerçants d'origine chinoise, en particulier, sont souvent volés dans leurs propres magasins.

Non loin de Kourou débute le sentier botanique de la Montagne des Singes. Il permet de découvrir facilement et sans danger la forêt primaire guyanaise. Le circuit est fléché.

Kourou est également le point de départ pour les excursions aux îles du Salut. La remontée du Kourou en pirogue ou en barque-alu est très prisée des "métros" qui aiment passer des week-ends en famille au carbet.

Kourou est surtout réputé pour le Centre spatial guyanais (CSG).

Histoire

Avant l'arrivée des Européens

Les amérindiens Kalina (Galibis) predominaient dans la région avant la venue des Français, jusqu'à la fin du 17e siècle.

Il existe un site près de la ville, appelé les Roches Gravées, où l'on peut voir des exemples d'art rupestre amérindien.

Les débuts de la colonisation

En 1500, l'explorateur espagnol Vicente Yañez Pinzon longera les côtes guyanaises, et passe devant l'emplacement actuel de Kourou.

Les pères jésuites Lombard et Creuilly firent baptiser quelques Kali'na à l'église Saint Nicolas de Cayenne en décembre 1710. Ils retournèrent à Kourou et firent mettre en valeur les terrains de Guatémala (petit bourg situé sur l'autre rive du fleuve Kourou). La Compagnie de Jésus fut dissolue en 1762, et Kourou ne fut jamais plus qu'un petit hameau jusqu'à l'arrivée de l'expédition.

En 1744, le physicien et géographe La Condamine, chargé de conduire une expédition au Pérou afin de mesurer la longueur d'un arc de méridien d'un degré à proximité de l'équateur, passe par la région kouroucienne et donne son nom à l'un des monts derrière Kourou, avant de rejoindre Cayenne.

L'expédition de Kourou

La mission de Kourou étant abandonnée par les pères jésuites, les ingénieurs Mentelle et Tugny tracèrent le plan de la ville en 1763. Ca a donné le quartier aujourd'hui appelé le Bourg, autour de l'église Sainte Catherine.

En cette même année, la Grande-Bretagne prit possession de la Nouvelle-France proclamée par traité de Paris qui mit fin à la guerre de Sept Ans. Ayant perdu la plus grande et la plus riche partie de leurs terres en Amérique, le gouvernement français décide d'envoyer une très grande expédition en Guyane. Environ 10 000 à 12 000 personnes, tentées par les histoires de l'Eldorado, et dirigées par Choiseul, débarquent à Kourou peu après. Les conditions de vie étant très mauvaises (dû principalement aux marécages), 6 000 colons furent décimés en peu de temps par les fièvres et autres maladies, et se dispersèrent, principalement aux îles du Salut (d'où leur nom; avant, elles se nommaient les îles du Diable). Les îles, dû aux bons vents quasi-permanents, n'ont presque pas de moustiques - porteuses par excellence de maladies -, donc les colons s'y récupèrent en attendant d'être rapatriés.

L'échec de l'expédition servit à décourager des colons à s'installer en Guyane. Le pays prit le surnom de Enfer Vert, qu'elle essaie même aujourd'hui de s'en débarrasser. Une autre colonisation "en masse" ne fut jamais tentée et la population blanche fut toujours très faible par rapport à celle des esclaves. Ce n'est que lors de la ruée vers l'or (commencée en 1855), de l'abolition de l'esclavage, et ensuite l'installation du bagne, que le nombre de Guyanais, toutes races confondues, monte lentement en-dessus de la barre des 20 000 habitants.

Le bagne

Kourou a servi de lieu de déportation, et la ville elle-même fut un pénitencier à vocation agricole.

Au large de Kourou, il y avait des bagnes aux Îles du Salut, ouverts en 1852, quand ils furent désignés comme tels. Les premiers déportés y sont arrivés en avril 1862.

Une loi ferme le bagne en 1938, finissant les transports de prisonniers, mais il ne fut véritablement fermé qu'en 1946, et les tout derniers rapatriements ne se feront qu'en 1953.

Les bâtiments consacrés au bagne, dans le quartier des Roches, furent démolis peu après la fermeture de celui-ci et remplacés par l'hôtel des Roches. Les derniers vestiges de cette partie de l'histoire de la ville sont la Tour Dreyfus (utilisée pour communiquer avec les îles en code Morse), les ruines du four du bagne (maintenant propriété privée, mais visible depuis un petit cul-de-sac non loin de la Tour), et une petite fontaine près des palmiers moucaya.

Le CSG et la Légion étrangère s'installent

C'est en 1965, au moment de l'implantation du centre spatial que Kourou, simple village, a débuté son urbanisation. Les besoins du Centre Spatial Guyanais (CSG) ont provoqué une véritable explosion démographique et la construction d'une véritable ville.

Le CSG est inauguré avec le lancement de la fusée-sonde Véronique le 9 avril 1968.

Le 3ème régiment de la Légion étrangère est présente au quartier Forget de Kourou depuis l'année 1973.

Toutefois, des heurts ont opposé les légionnaires protégeant le centre spatial aux habitants de Kourou en 1985 et 2006.

Économie

Le Centre spatial guyanais y est implanté. C'est de ce site que sont lancées toutes les fusées Ariane, et dans quelques années les Soyouz russes ainsi que le petit lanceur italien Vega.

Sites touristiques

  • Le site du Centre Spatial Guyanais (CSG)
  • Musée de l'espace : musée consacré à l'histoire spatiale.
  • Les îles du Salut : rendues célèbres par le bagne où séjournèrent le Capitaine Alfred Dreyfus et Guillaume Seznec. Parmi les 3 îles, Île Saint-Joseph, Île Royale et Île du Diable, seules les deux premières peuvent être visitées.
  • Les Roches gravées : art rupestre amérindien. Visibles près de la petite zone industrielle de Pariacabo que l'on traverse en allant vers le pont sur le Kourou vers Cayenne.
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